Sécheresse oculaire et qualité de l’air : un lien souvent sous-estimé

Sécheresse oculaire et qualité de l’air : un lien souvent sous-estimé

Le syndrome de l’œil sec est l’un des motifs de consultation les plus fréquents en ophtalmologie. Les symptômes tels que les brûlures, la sensation de corps étranger, les rougeurs ou la sensibilité à la lumière sont souvent traités localement, par exemple avec des larmes artificielles. Cependant, de plus en plus d’études indiquent que les facteurs environnementaux, notamment la qualité de l’air que nous respirons, ont un impact significatif sur la stabilité du film lacrymal et de la surface oculaire.

Polluants atmosphériques : des irritants pour la surface oculaire

Certains polluants gazeux sont suspectés de favoriser l’apparition et l’aggravation de la sécheresse oculaire. Les substances suivantes sont particulièrement importantes :

Ozone (O₃)

L’ozone possède un fort pouvoir oxydant et peut altérer la couche lipidique du film lacrymal. Une couche lipidique réduite entraîne une évaporation accrue du film lacrymal, favorisant ainsi une lubrification instable de la surface oculaire.

Dioxyde d’azote (NO₂)

Le dioxyde d’azote est principalement produit par les processus de combustion, notamment dans le trafic routier. Il peut provoquer un stress oxydatif et favoriser des réactions inflammatoires à la surface oculaire. Des études épidémiologiques montrent une corrélation entre une exposition accrue au NO₂ et une irritation oculaire plus importante.

Formaldéhyde (CH₂O)

Le formaldéhyde est un composé organique volatil (COV) particulièrement présent à l’intérieur des bâtiments. On le trouve notamment dans les meubles, les matériaux de construction, les peintures et les adhésifs. Le formaldéhyde irrite les muqueuses et les terminaisons nerveuses sensorielles et peut accroître la sensibilité oculaire.

Ces polluants, seuls ou combinés, peuvent contribuer à la déstabilisation du film lacrymal et favoriser une irritation chronique.

Importance de la qualité de l’air intérieur au quotidien

Comme une grande partie de la population passe la majeure partie de la journée à l’intérieur, la qualité de l’air intérieur revêt une importance particulière. Les bâtiments modernes, très étanches, peuvent entraîner une accumulation de polluants, notamment en cas de ventilation insuffisante. Ces polluants passent souvent inaperçus car nombre des substances concernées sont incolores et inodores.

En pratique, les patients rapportent donc fréquemment des symptômes persistants de sécheresse oculaire sans pouvoir en identifier la cause précise.

Conclusion

Le syndrome de l’œil sec est fréquemment dû à de multiples facteurs. Outre les causes oculaires et systémiques, les facteurs environnementaux doivent également être pris en compte. Les polluants atmosphériques représentent des facteurs contributifs potentiels, et souvent sous-estimés. Une analyse fine de la qualité de l’air peut contribuer à une meilleure compréhension des symptômes chroniques et permettre d’élaborer des recommandations complémentaires pour le quotidien des personnes concernées.

Suivez vos symptômes et identifiez vos facteurs aggravants

L’application SecheresseOculaire.be vous aide à suivre l’évolution de vos symptômes et à repérer les facteurs qui les influencent au quotidien.

Créer mon compte gratuit

Demander mon code de réduction Air-Q (−5 %)

Réservé aux personnes inscrites sur l’application. Indiquez l’email utilisé lors de votre inscription.

* Champs requis.

Pour aller plus loin (sources) : Mandell JT et al., association des polluants de l’air à la sécheresse oculaire ; étude de cohorte hospitalière, Scientific Reports, 2024 (NO₂ associé à une augmentation de l’atteinte de la surface oculaire).

Cet article est informatif et ne remplace pas une consultation médicale.

Similar Posts